Technique pour déglacer une poêle après cuisson : 5 astuces simples pour récupérer un maximum de goût

Une poele chaude en inox en train d etre deglacee avec un liquide pendant qu une cuillere en bois recupere les sucs de cuisson pour former une sauce

Je vais vous dire un secret de cuisine qui a l’air tout simple, mais qui change tout dans l’assiette : le déglaçage. Oui, ce petit geste rapide que beaucoup zappent après une cuisson. Et pourtant, c’est souvent là que se cache la partie la plus savoureuse du plat. Les sucs de cuisson, ces petits dépôts bruns collés au fond de la poêle, ne sont pas des restes tristes à faire disparaître à l’éponge. Ce sont des pépites. Des mini coffres-forts de goût. Des concentrés d’arômes qui n’attendent qu’un peu de liquide et un bon coup de cuillère pour revenir à la vie.

Moi, c’est Noémie, et je peux vous assurer d’une chose : quand on comprend comment déglacer une poêle correctement, on a l’impression d’avoir débloqué un niveau secret en cuisine. D’un coup, une simple escalope, des légumes sautés ou une poêlée de champignons prennent une allure de dîner très sérieux, presque digne d’un petit bistrot où l’on murmure « sauce maison » avec un air important. Et non, il ne faut ni diplôme de grand chef, ni vocabulaire intimidant, ni poêle bénie par un cuisinier étoilé.

Dans cet article, je vous emmène pas à pas pour comprendre la technique pour déglacer une poêle après cuisson, éviter les erreurs les plus fréquentes et surtout récupérer un maximum de goût. On va voir 5 astuces simples, très concrètes, applicables dès ce soir. Je vais aussi vous montrer comment choisir le bon liquide, à quel moment agir, comment transformer ce jus en sauce express, et pourquoi votre poêle mérite mieux qu’un rinçage brutal alors qu’elle tient entre ses parois l’équivalent culinaire d’un trésor national.

Installez-vous. On va parler vin blanc, eau, bouillon, vinaigre, beurre, sucs, chaleur, timing, et petites astuces qui font toute la différence. Le tout sans prise de tête, avec le sourire, et avec cette ambition parfaitement raisonnable : faire une sauce si bonne que même le morceau de pain de fin de repas se sentira investi d’une grande mission.

Sommaire

Pourquoi le déglaçage change vraiment le goût d’un plat

Avant de sortir la louche et le vin blanc, il faut comprendre ce qu’on cherche à récupérer. Quand vous faites cuire une viande, des légumes ou même certains poissons dans une poêle bien chaude, une partie des sucs naturels se concentre et accroche au fond. Ces traces dorées à brunes sont le résultat de la cuisson, notamment de réactions qui développent des arômes grillés, rôtis, profonds. En cuisine, on les appelle les sucs.

Petite définition utile, sans blouse blanche ni conférence soporifique : les sucs sont les particules caramélisées et aromatiques libérées pendant la cuisson puis fixées au fond du récipient. En clair, c’est là que se planque une grande partie du goût. Les jeter, c’est un peu comme regarder un film jusqu’aux dix dernières minutes puis éteindre la télé. Techniquement possible. Emotionnellement regrettable.

Le déglaçage consiste à verser un liquide dans la poêle encore chaude pour dissoudre ces sucs. Le liquide entraîne alors toutes ces saveurs et les transforme en base de sauce. C’est rapide, logique et terriblement efficace.

Si vous aimez comprendre les petits gestes qui font les grands résultats, vous pouvez aussi jeter un œil à cette explication complémentaire sur la bonne manière de récupérer tous les sucs. C’est le genre de lecture qui donne envie de parler à sa poêle avec respect.

Ce que vous gagnez en déglacant

  • Plus de goût sans ajouter une montagne d’ingrédients
  • Une sauce rapide qui relie tous les éléments du plat
  • Moins de gaspillage, puisque vous utilisez tout ce que la cuisson a produit
  • Une impression très flatteuse de maîtriser votre cuisine
  • Un fond de poêle plus facile à nettoyer ensuite, ce qui n’est pas un détail quand la vaisselle vous observe déjà de travers

Quels aliments profitent le plus du déglaçage

Presque tous. Mais certains adorent particulièrement ce traitement royal :

  1. Les viandes rouges poêlées
  2. Le poulet saisi
  3. Les côtes de porc
  4. Les champignons
  5. Les oignons et échalotes revenus
  6. Les légumes rôtis passés à la poêle
  7. Certains poissons à chair ferme

Le déglaçage ne sert donc pas seulement à « faire une sauce après une viande ». Il peut aussi sublimer une cuisson végétale. Une poêlée de champignons déglacée au vinaigre balsamique ou au bouillon, c’est le genre de détail qui transforme un accompagnement en vedette de soirée.

Astuce 1 : agir au bon moment, juste après la cuisson

Le premier secret, c’est le timing. Et là, pas de suspense : il faut déglacer juste après la cuisson, quand la poêle est encore chaude et que les sucs sont présents, frais, prêts à se détacher. Si vous attendez trop, ils sèchent, durcissent, et la récupération devient plus laborieuse. Vous pourrez toujours les décoller, bien sûr, mais vous perdrez en fluidité, en finesse et parfois en goût.

La bonne séquence ressemble à ça :

  1. Vous cuisez votre aliment
  2. Vous le retirez de la poêle
  3. Vous baissez légèrement le feu si besoin
  4. Vous éliminez un excès de gras s’il y en a vraiment trop
  5. Vous ajoutez votre liquide de déglaçage
  6. Vous grattez doucement avec une cuillère en bois ou une spatule

Ce moment est important. Une poêle trop froide ne dissout pas bien les sucs. Une poêle beaucoup trop chaude peut faire évaporer le liquide à une vitesse supersonique et brûler ce que vous vouliez justement sauver. L’idée, c’est une chaleur vive mais maîtrisée.

Le détail qui change tout : retirer l’excès de matière grasse

Si votre cuisson a rendu beaucoup de graisse, par exemple avec du canard, du porc ou certaines saucisses, n’hésitez pas à en retirer une partie avant de déglacer. Sinon, votre jus risque d’être lourd, gras et moins net en bouche. Pas besoin de tout enlever. Gardez-en un peu pour le goût. Mais pensez équilibre.

Je fais souvent ça avec une cuillère, très simplement. C’est moins spectaculaire qu’une émission culinaire, mais redoutablement efficace.

Comment savoir si le moment est bon

Observez le fond de la poêle. Vous devez voir des dépôts brun doré, pas noirs. S’ils sont brun foncé mais encore sains, c’est parfait. S’ils sont carrément brûlés, le déglaçage récupérera surtout de l’amertume. Et là, on ne parle plus de sauce profonde, mais d’une punition aromatique.

Un bon déglaçage commence par une bonne cuisson. Les sucs doivent être colorés, pas carbonisés.

Noémie, qui a déjà cru sauver une poêle trop poussée et a obtenu un jus au goût de remords

Astuce 2 : choisir le bon liquide selon ce que vous cuisinez

C’est ici que la magie opère vraiment. On entend souvent parler de déglacer au vin blanc, mais ce n’est qu’une option parmi d’autres. Le bon liquide dépend du plat, de l’effet recherché et de ce que vous avez dans votre cuisine. Oui, même l’eau peut faire le travail. Elle est moins glamour qu’un fond de veau, mais elle peut sauver un dîner avec beaucoup de dignité.

Déglacer à l’eau : simple, efficace, sous-estimé

On oublie trop souvent cette option. Déglacer à l’eau permet de décoller les sucs sans ajouter un goût dominant. C’est utile si vous voulez ensuite construire votre sauce avec du beurre, des herbes, de la moutarde ou un peu de crème. L’eau agit comme un révélateur discret. Elle ne vole pas la vedette. Elle fait le service, en quelque sorte.

Je vous conseille d’utiliser une petite quantité au départ, puis de réduire. Vous obtiendrez un jus propre, direct, idéal quand le produit principal est déjà très parfumé.

Déglacer au vin blanc : le grand classique

Le vin blanc apporte de l’acidité, de la fraîcheur et une belle complexité. Il fonctionne à merveille avec le poulet, les fruits de mer, les champignons, les poissons et les sauces crémeuses. C’est souvent le premier choix quand on veut un résultat élégant sans trop y penser.

Petit conseil complice : choisissez un vin que vous auriez envie de boire à table. Pas besoin d’ouvrir une bouteille de compétition, mais évitez les vins trop agressifs ou sucrés. En cuisson, tout se concentre. Le mauvais choix se remarque vite, comme une fausse note jouée au triangle dans un quatuor.

Déglacer au vin rouge : pour les saveurs plus puissantes

Avec une viande rouge, une échalote bien fondue, un jus corsé, le vin rouge peut faire des merveilles. Il donne une sauce plus sombre, plus profonde, plus hivernale aussi. Pensez steak, magret, joue de bœuf, ou simple côte de porc qui veut se sentir importante.

Il faut cependant le laisser réduire un peu plus longuement pour adoucir son caractère et éviter que l’alcool ou les tanins ne prennent toute la place.

Déglacer au vinaigre : la petite bombe qui réveille tout

Déglacer au vinaigre, c’est le coup de fouet malin. Un vinaigre de vin, de cidre ou balsamique peut réveiller un fond de poêle avec une énergie redoutable. C’est excellent quand le plat a besoin de relief. Quelques cuillères suffisent souvent.

Si vous vous demandez comment déglacer une poêle au vinaigre balsamique, retenez ceci : allez-y avec modération. Le balsamique est plus doux, plus sucré, plus dense. Il adore les oignons, les champignons, le porc, le poulet rôti et certains légumes caramélisés. Mais si vous en mettez trop, votre sauce prendra vite une tournure presque confite.

Déglacer au bouillon : la voie gourmande et anti-gaspi

Le bouillon est une option formidable. Il ajoute tout de suite une base aromatique plus riche que l’eau, sans la puissance du vin ou du vinaigre. C’est très pratique pour une sauce express. Et si vous avez l’habitude de préparer vos réserves maison, c’est encore mieux.

À ce sujet, si vous aimez valoriser vos restes intelligemment, je vous recommande cette lecture très utile sur le bouillon maison anti-gaspi. Un bon déglaçage commence souvent par un bon petit fond bien pensé.

Tableau pratique pour choisir votre liquide

Quel liquide utiliser pour déglacer selon le plat
Type de préparation Liquide conseillé Effet obtenu Conseil rapide
Poulet poêlé Vin blanc ou bouillon Sauce légère et parfumée Ajoutez une échalote pour plus de rondeur
Viande rouge Vin rouge, bouillon ou eau Jus corsé et profond Réduisez bien avant de monter au beurre
Porc Vinaigre de cidre, bouillon, vin blanc Équilibre entre gras et acidité Une pointe de moutarde fonctionne très bien
Champignons Vin blanc, balsamique, bouillon Sauce boisée et intense Un peu de crème en fin de cuisson est royal
Poisson Vin blanc ou eau Jus fin et délicat Ajoutez citron et herbes hors du feu
Légumes sautés Eau, bouillon, vinaigre léger Relief et brillance Gardez la main légère sur l’acidité
Règle simple : mieux vaut peu de liquide bien choisi qu’une grande flaque sans direction.

Astuce 3 : verser peu de liquide, mais l’utiliser intelligemment

Une erreur très courante consiste à noyer la poêle. On croit bien faire. On se dit qu’avec plus de liquide, on va récupérer plus de goût. Hélas, non. On dilue surtout les saveurs. Et la sauce mettra une éternité à réduire. Vous ne cuisinez plus, vous attendez un miracle.

La bonne idée, c’est de commencer avec une petite quantité. En général, quelques cuillères à soupe à un petit verre suffisent selon la taille de la poêle et la quantité de sucs. Le liquide doit juste couvrir le fond et permettre de décoller les sucs, pas transformer la poêle en piscine municipale.

La bonne méthode en 4 gestes

  1. Versez le liquide dans la poêle chaude
  2. Laissez le choc thermique agir quelques secondes
  3. Grattez le fond avec une cuillère en bois
  4. Laissez réduire pour concentrer les arômes

Ce petit choc thermique aide à libérer les sucs. C’est presque satisfaisant à regarder. Le liquide crépite, les dépôts se dissolvent, la couleur change, l’odeur monte. En quelques secondes, la cuisine prend des airs de scène finale triomphale.

Pourquoi réduire ensuite est essentiel

Le déglaçage n’est que le début. Pour obtenir une sauce savoureuse, il faut souvent laisser réduire le liquide afin que les arômes se concentrent. Sinon, vous aurez un jus trop fluide, parfois un peu plat. Réduire, c’est donner de l’intensité et de la texture.

Si vous voulez aller plus loin sur cette étape, vous pouvez découvrir ces astuces pour réduire une sauce comme il faut. C’est très complémentaire quand on commence à aimer les sauces maison un peu sérieuses.

Le bon dosage selon le résultat recherché

  • Pour un jus court : très peu de liquide, réduction rapide
  • Pour une sauce plus nappante : un peu plus de liquide, puis réduction et ajout éventuel de beurre ou crème
  • Pour une base de cuisson avant mijotage : quantité modérée, puis ajout d’autres éléments

Astuce 4 : gratter les sucs doucement, sans agresser la poêle ni le goût

Le mot-clé ici, c’est douceur. Oui, même si vous avez faim. Oui, même si vous êtes persuadé que votre spatule en métal est une héroïne. Pour bien déglacer, il faut gratter les sucs avec délicatesse. L’objectif est de les dissoudre, pas d’arracher le fond du matériel ou de transformer la sauce en copeaux peu poétiques.

Quel ustensile utiliser

Le plus simple est d’utiliser :

  • Une cuillère en bois
  • Une spatule en bois
  • Une spatule souple adaptée au revêtement

Évitez les gestes brusques, surtout si vous cuisinez dans une poêle antiadhésive. Dans une poêle en inox ou en fonte bien entretenue, vous pouvez être un peu plus énergique, mais toujours avec contrôle. Le déglaçage n’est pas un duel médiéval.

Comment déglacer une poêle en inox

La poêle en inox est souvent idéale pour obtenir de beaux sucs. C’est même l’un de ses grands atouts. Après cuisson, si le fond est bien coloré, versez votre liquide et grattez immédiatement. Les sucs se décollent très bien si la température est correcte. Beaucoup de gens pensent que l’inox accroche « trop ». En réalité, il accroche utile, tant qu’on sait quoi en faire ensuite.

Comment déglacer une casserole

La logique est la même que pour une poêle. Si vous avez fait revenir des oignons, du concentré de tomate, des morceaux de viande ou des légumes dans une casserole avant d’ajouter un liquide de cuisson, un déglaçage intermédiaire peut être très intéressant. Cela permet de remettre dans la préparation tous les arômes collés au fond au lieu de les laisser se dessécher.

Donc, si vous vous demandez comment déglacer une casserole, retenez cette règle simple : même principe, même réflexe, même trésor à récupérer.

Le piège des sucs brûlés

Je le redis parce que c’est capital : si les sucs sont noirs, vous ne sauverez pas la situation par magie. Le liquide ne va pas transformer du brûlé en gourmandise. Dans ce cas, mieux vaut parfois changer de poêle ou repartir sur une base propre. C’est frustrant, je sais. Mais moins frustrant qu’une sauce au goût de toast oublié derrière le grille-pain.

Astuce 5 : transformer le déglaçage en sauce minute qui envoie du lourd

Déglacer, c’est bien. Mais déglacer puis s’arrêter là, c’est comme préparer une piste de danse sans musique. Vous pouvez aller plus loin, très facilement, et obtenir une vraie sauce minute. C’est souvent l’étape qui fait dire : « Ah oui, quand même. » Et c’est précisément ce qu’on cherche.

La base d’une sauce express après déglaçage

Une fois les sucs dissous, vous avez un liquide aromatique. À partir de là, vous pouvez :

  • Le laisser réduire tel quel pour un jus court
  • Ajouter une noisette de beurre pour le rendre plus brillant et plus rond
  • Incorporer un peu de crème pour une sauce douce
  • Ajouter une cuillère de moutarde pour une sauce vive
  • Finir avec des herbes fraîches, hors du feu
  • Mettre une larme de citron pour réveiller l’ensemble

C’est là que vous adaptez selon votre plat et votre humeur. Le même déglaçage peut donner une sauce de bistrot, une sauce familiale ou un petit jus élégant. Tout dépend de la finition.

Exemple concret avec une viande rouge

Vous venez de cuire un steak. Vous le retirez. Il repose tranquillement. Dans la poêle, de beaux sucs bruns vous regardent. Vous retirez l’excès de gras. Vous ajoutez un trait de vin rouge. Vous grattez. Vous laissez réduire. Vous ajoutez une petite noix de beurre froid. Vous faites tournoyer. Résultat : un jus brillant, intense, ultra rapide, parfait pour napper la viande.

Et si vous voulez d’abord sécuriser la cuisson avant de jouer les virtuoses du jus minute, voici un excellent complément sur la cuisson parfaite de la viande rouge. Parce qu’une bonne sauce sur une cuisson ratée, c’est un peu mettre un nœud papillon à une catastrophe.

Exemple concret avec un poulet poêlé

Après cuisson de filets de poulet, retirez-les de la poêle. Faites revenir rapidement une échalote émincée dans le fond restant. Déglacez au vin blanc. Réduisez. Ajoutez un peu de bouillon puis une cuillère de crème. Remettez éventuellement le poulet pour l’enrober. En cinq minutes, vous avez une sauce qui fait beaucoup plus que « dépanner ».

Exemple concret avec des légumes

Vous avez saisi des carottes, des courgettes ou des haricots plats. Le fond de poêle commence à accrocher légèrement. Un trait d’eau ou de bouillon, un grattage rapide, une touche de beurre ou d’huile d’olive, quelques herbes. Et soudain, les légumes ne sont plus « à côté ». Ils deviennent un vrai accompagnement travaillé.

Les erreurs courantes lors du déglaçage et comment les éviter

Le déglaçage est simple. Mais comme beaucoup de gestes simples, il supporte mal les petits automatismes approximatifs. Voici les erreurs les plus fréquentes, celles qui peuvent saboter votre résultat alors que vous étiez à deux doigts de briller.

Erreur 1 : déglacer sur un fond brûlé

On l’a vu, un fond noir donnera une sauce amère. Si les sucs sont brûlés, repartez sur une base plus propre. Ce n’est pas de l’abandon. C’est de la stratégie.

Erreur 2 : mettre trop de liquide

Vous diluez tout. La sauce devient longue, fade, laborieuse. Mieux vaut commencer petit puis ajuster. En cuisine, la retenue peut être très sexy.

Erreur 3 : utiliser un liquide mal choisi

Un vinaigre trop fort sur un poisson délicat, un vin trop sucré sur une viande rouge, un bouillon sursalé dans une poêle déjà bien chargée : le choix du liquide doit rester cohérent avec le plat.

Erreur 4 : ne pas réduire

Sans réduction, vous obtenez un jus peu concentré. Il manque de nerf. Il a l’air gentil, mais il n’a pas grand-chose à raconter.

Erreur 5 : saler trop tôt

Attention au sel. Les sucs sont déjà concentrés. Le bouillon peut être salé. La réduction augmente encore cette sensation. Goûtez toujours avant d’ajouter du sel. Sinon, vous risquez de devoir ensuite corriger le tir. Et si cela vous arrive malgré tout, gardez sous le coude ces conseils pour sauver une sauce un peu trop enthousiaste.

Erreur 6 : oublier le repos de la viande

Si vous déglacez pendant que la viande repose, vous optimisez tout. La viande garde son jus. La poêle donne sa sauce. Tout le monde collabore. Si vous coupez immédiatement la viande, le jus file dans l’assiette au lieu de rester dans la chair. Et vous perdez en moelleux.

Comment faire une sauce après avoir déglacé suite à la cuisson d’une viande

C’est une des questions les plus fréquentes, et elle mérite une réponse claire. Une fois la viande retirée et la poêle déglacée, vous avez plusieurs options pour construire votre sauce. Le principe est toujours le même : récupérer les sucs, réduire, enrichir si besoin, ajuster l’assaisonnement, puis servir rapidement.

Version 1 : la sauce courte, ultra simple

  1. Retirez la viande
  2. Déglacez avec vin, eau ou bouillon
  3. Grattez les sucs
  4. Réduisez jusqu’à obtenir un jus un peu sirupeux
  5. Ajoutez une noisette de beurre hors du feu

Cette version est parfaite si vous aimez les goûts nets et la sensation de cuisson maîtrisée.

Version 2 : la sauce crémeuse

  1. Déglacez au vin blanc
  2. Réduisez de moitié
  3. Ajoutez un peu de crème
  4. Laissez frémir doucement
  5. Poivrez, ajoutez herbes ou moutarde

Très bien avec le poulet, le porc, les champignons.

Version 3 : la sauce acidulée

  1. Déglacez avec un peu de vinaigre ou citron plus bouillon
  2. Réduisez
  3. Ajoutez une pointe de miel ou de beurre pour équilibrer
  4. Goûtez
  5. Servez immédiatement

C’est une excellente option quand le plat est riche et qu’on veut réveiller l’ensemble.

Version 4 : la sauce à l’échalote façon bistrot

Faites revenir une échalote ciselée après avoir retiré la viande. Déglacez au vin. Réduisez. Ajoutez éventuellement un fond de bouillon. Montez au beurre. C’est simple, chic, et franchement redoutable. Le genre de sauce qui fait croire que vous avez passé l’après-midi en cuisine alors que non, vous avez juste été malin.

Questions pratiques pour déglacer comme une personne sereine

Faut-il toujours déglacer ?

Non. Si le fond de la poêle est resté très propre ou si la cuisson n’a produit aucun suc intéressant, ce n’est pas obligatoire. Mais dans beaucoup de cas, c’est une occasion à saisir.

Peut-on déglacer sans alcool ?

Bien sûr. Eau, bouillon, vinaigre doux, jus de citron, voire jus de cuisson de légumes. L’alcool n’est qu’une option, pas une condition d’entrée dans le club.

Peut-on déglacer une viande directement pendant la cuisson ?

On peut ajouter un liquide en cours de cuisson, mais ce n’est pas tout à fait la même logique. Pour un vrai déglaçage, mieux vaut généralement retirer la viande, puis travailler le fond de poêle.

Peut-on préparer un déglaçage à l’avance ?

Le mieux est de le faire au moment même, pour profiter du fond chaud. En revanche, vous pouvez préparer à l’avance vos liquides, vos échalotes, vos herbes, et tout ce qui servira à finir la sauce.

Quelle quantité de liquide faut-il ?

Il n’y a pas de formule magique en ml au millimètre près. Cela dépend de la taille de la poêle, de la quantité de sucs et du résultat attendu. Commencez petit. Vous pourrez toujours en rajouter. L’inverse est plus long.

Petites associations gagnantes à tester chez vous

Parce qu’on aime les idées concrètes, voici quelques couples très efficaces. À garder en tête pour improviser sans stress.

Mes accords préférés en toute simplicité

  • Poulet + vin blanc + échalote + crème
  • Steak + vin rouge + beurre
  • Côte de porc + vinaigre de cidre + moutarde
  • Champignons + balsamique + persil
  • Saumon + eau + citron + aneth
  • Carottes poêlées + bouillon + beurre + thym
  • Magret + vinaigre balsamique + touche de miel

Vous voyez l’idée : un liquide pour récupérer, une réduction pour concentrer, une finition pour signer.

Une mini anecdote de cuisine vécue

Je me souviens d’un dîner improvisé où j’avais juste des filets de poulet, des champignons et un fond de vin blanc. Rien d’extraordinaire. En déglacant correctement la poêle, puis en ajoutant une cuillère de crème et un peu de poivre, j’ai obtenu une sauce si bonne qu’on m’a demandé « c’est quoi ta recette ? ». J’ai presque eu envie de répondre avec un air mystérieux, style grande prêtresse du jus minute. En vérité, il n’y avait pas de recette secrète. Juste des sucs respectés et une poêle écoutée au bon moment.

Le déglaçage, c’est un peu ça. Une technique très simple qui donne l’impression d’un talent mystérieux. Et entre nous, on prend volontiers ce genre d’avantage.

Au fond, déglacer une poêle après cuisson, c’est surtout apprendre à ne plus laisser filer le meilleur. Les saveurs sont là, sous vos yeux, au fond du récipient. Il suffit d’un peu de méthode, d’un bon liquide, du bon timing et d’une réduction bien menée pour transformer ces petits dépôts bruns en vrai moment de gourmandise.

Alors la prochaine fois que vous verrez des sucs accrocher au fond de la poêle, ne paniquez pas, ne rincez pas trop vite, et surtout ne tournez pas les talons. C’est probablement le début d’une sauce délicieuse. Et franchement, dans une cuisine du quotidien, ce genre de victoire rapide mérite presque une petite ovation. Ou au moins un bout de pain pour saucer avec panache.

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